ZENDELSKI BRANILAV - Artiste Peintre


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LA REVUE MODERNE

Branislav Zendelski

Voici quelques années nous présentâmes cet artiste dont l'oeuvre se partageait déjà une double inspiration, celle d'un expressionnisme personnel et celle d'une synthèse originale de la tradition macédonienne des icônes. Il n'a pas cessé depuis de poursuivre une évolution toujours favorable, obéissant tantôt à son inspiration d'atavisme, tantôt à celle de l'environnenent et, notamment dans ses dernières oeuvres, des paysages, des sites, résultant de ses voyages, nombreux, sur les lieux sacrés de la foi chrétienne, tel ce monastère du VIlle siècle qu'il a traité avec simplicité, riche en lumière, ou, bien différent, le terroir normand, la côte et ses falaises, l'atmosphère du Nord, Dieppe.

Il est capable de ressentir la terre dans ses rapports anthropomorphique, charnelle et dynamique, qu'il soutient d'une solide composition, avec des tons chauds en premier plan, des lointains froids pour mieux atteindre à la suggestion de l'infini.

Mais une autre recherche guide encore son pinceau à l'occasion ; celle des grands problèmes actuels, notre destinée d'espèce dans l'angoissante course technique, face au jeu funeste de la puissance atomique. Et nous avons alors cette grande vision d'anticipation reproduite ici, un triomphe désolé de la mort mais où l'Eve et ses boeufs promet cependant encore un nouvel avenir, ce qu'expriment ces vers de la poétesse Zorka Ovijac-Zendelska (traduction du slovène) :

...Et je t'appelle de ma colline encore, comme espérant...
Mon appel cependant ne reste qu'un écho. Le mien.
je me suis trompée.
Ce n'était rien.
Partout oü,nulle part
Il n'y avait que l'ombre de l'atomique : néant.

Extrait du poème « Les Boeufs »
R. CLERMONT
MARS 1975

GALERIE CIMAISE DE PARIS

Branislav Zendelski -expose ici des paysages de Slovenie de Macedoine, et de France. Par une affirmation d'une expression sensible et délicate, il nous présente une peinture qui s'attache avec émotion à son sujet, nous propose 'une sensation, une vibration forte et colorée.

Que ce soit dans « Forêt de Barbizon » ou « la Vallée de Vardar » ou bien encore « Falaise de Dieppe», nous sommes saisis par une force, une beauté, l'omniprésence dc la lumière et la précision de l'icône. Ce peintre en effet, réfléchit depuis de longues années à ce qu'il appelle le «Makédoïconisme». c'est-à-dire une symbiose entre l'impressionisme et la technique de l'icône de l'école macédonienne. Branislav Zendelski nous donne à voir une sorte de renouveau de l'impressionisme avec une personnalité propre, une présence, qui est certainement due à l'influence des icônes, de leur force dans la précision du détail. Dans ses toiles où la présence chromatique s'allie à une composition forte, où nous sentons en permanence l'équilibre et l'harmonie de la nature, ce peintre obtient une profondeur, grâce à sa technique picturale. Il cherche la lumière, la demi-lumière, l'ombre, la demi-ombre, et par ces dégradés semble sensibiliser la lumière, et nous en restituer l'essence. Il sait animer un paysage par un rythme intense, harmoniser le jeu subtil des touches colorées pour que son tableau devienne chant vivant, grave et gai.

Dans ses dessins, nous sommes frappés par la vigueur du trait, par la densité graphique, par cette force et cette gravité, cette facture solide, par la maîtrise du peintre.

Branislav Zendel-ski compose aussi des toiles inspirées par les poèmes de sa femme Zorka Ovijac-Zendelska. Dans toute son oeuvre, s'expriment l'instant qui passe et l'éternelle mouvance de la vie, se libére et se diffuse la vraie dimension d'une expression omniprésente de la lumière.

François PERCH

LA REVUE MODERNE

AVRIL - MAI - 1978