Les dessins de Charles Le Bris ont cette perfection qui scrute les corps, en définissent toute la plastique au point où l'on a l'impression de pouvoir pincer les chairs.
Le trait contient les ombres et de celles-ci s'évadent les lumières. Mais cet artiste ne s'est pas contenté de cela et il s'est tourné vers la sculpture. Les premières oeuvres qu'il nous a montrées ont pour certaines une parenté avec les sculptures romaines :
Femmes allongées sur un sofa, voluptueusement enveloppées dans de longs tissus, pour d'autres des études poussées de musculature et d'athlètes athéniens. Par la suite Charles Le Bris réalise des femmes nues qui ont une présence surprenante. La position en est très étudiée afin que tout en ayant l'air spontané, elle soit très équilibrée et réponde à des critères d'harmonie.
Le corps lui même est travaillé en rondeur, mais sans exagération, de sorte qu'il figure des réalités courantes. Actuellement l'évolution de Charles Le Bris le conduit à réaliser des oeuvres aux structures modernes, recherchant les lignes maîtresses qu'il met en valeur, en les combinant avec des formes qui permettent qu'une statuette puisse, sans aucun inconvénient, être présentée dans plusieurs positions, toutes tellement différentes qu'à chaque fois on ait l'impression d'être devant une sculpture dissemblable, tout en restant dans chaque cas strictement figuratif.
Ces oeuvres, d'une autre espèce de sensualité, qui demande plus d'imagination, gagnent en élégance. Les premières statues que nous avons évoquées sont prometteuses, mais plus statiques, ici la forme se développe et devient cinétique, l'oeuvre est dynamique, et le mouvement dirige les lignes.

- C. Germak -