...L'atmosphère des dernières toiles de Mazilu, avec leurs références multiples et leurs résonances dans l'histoire de l'art, ainsi que dans la philosophie et la psychologie du spectateur, peut-être reliée au prodigieux "Jardin des Délices" de Jérôme Bosch et parfois l'horreur de l'imaginaire des toiles noires de Goya. Des personnages hybrides se mêlent en d'étranges combinaisons ou jouent en silence à des jeux inexplicables, mettant au défi ou suppliant le spectateur de s'approcher encore un peu.
Ces personnages, parfois composés d'éléments organiques, peut-être sortis d'un laboratoire de génétique ou formés dans la vase d'une mare, et auxquels sont incorporés des éléments mécaniques comme des roues, un équipement médical ou des épingles de marionnettes, semblent être cependant soit tout à fait humains soit engagés dans un processus d'évolution…
…En mêlant et en modulant des valeurs tonales, il affirme une présence dominante et une structure picturale dignes des Vieux Maîtres. En même temps, il réussit à intégrer allégorie et engagement moral crédible et il éclaire cette entreprise rétrospective par une connaissance de soi moderne. Alors que certaines de ses images hybrides les plus frappantes d'hommes et de bêtes peuvent déranger le spectateur tout en le séduisant, Mazilu jette un regard perspicace sur la comédie humaine et il n'hésite pas à en révéler le côté le plus sombre.
Grâce à une vision intransigeante et une capacité à conjuguer la sagesse du passé avec les inquiétudes actuelles, il crée des métaphores picturales profondes sur la précarité de l'existence dans un monde éphémère et imprévisible.
Sam Hunter