MONDRIAN DE, 1892 À 1914,
les chemins de l'abstraction



27 mars - 14 juillet 2002
Nouvelles salles d'exposition temporaire



     Cette exposition bénéficie, à Paris, du soutien d'Unilever Bestfoods France.
Elle est organisée en collaboration avec le Gementemuseum, La Haye, la Réunion des musées nationaux, le musée d'Orsay et le Kimbell Art Muséum, Fort Worth.

      Piet Mondrian est aujourd'hui considéré, de façon unanime, comme l'un des plus grands peintres du XXème siècle, le créateur d'un nouveau langage fondé sur l'abstraction. Il est admiré pour la beauté de son oeuvre, la cohérence de son parcours, la profondeur de sa pensée, tellement riche de possibilités et de conséquences.

      L'œuvre est unique et comporte en même temps dans son extraordinaire logique plusieurs périodes qui se suivent et s'enchaînent parfaitement, de ses débuts figuratifs, dans la campagne hollandaise à la fin, abstraite, au cœur de New York, en passant par deux longs séjours, décisifs et fondamentaux à Paris.

      La première période parisienne, qui se déroule de 1912 à 1914, offre la possibilité à Piet Mondrian de passer du cubisme figuratif à un cubisme abstrait, dont le résultat est capital pour comprendre la suite de son évolution. Cet épisode prend appui sur un long travail, commencé au XIXème siècle à partir de motifs réalistes progressivement transformés et qui permettent de comprendre la suite de l'enchaînement.
      Cette période est aujourd'hui présentée au musée d'Orsay. Cette exposition se réfère notamment aux recherches réalisées par Robert P. Welsh pour le catalogue scientifique de l'artiste qu'il a publié en 1998 avec Joop Joosten.

      A partir de l'esthétique de l'Ecole de La Haye, elle-même influencée par le réalisme de l'Ecole de Barbizon et considérée dans ce pays à l'époque comme le modèle même de l'art moderne, Piet Mondrian va se consacrer à l'exploration de la forme, de la lumière et à l'espace, au moyen de séries représentant des bords de canal ou de rivière, des bâtiments tels que ferme, église et tour-phare, des paysages de dunes, des arbres dans un verger et quelques représentations de fleurs et de personnages. Il explore en même temps des techniques et des styles qu'il s'approprie, tels que le divisionnisme hérité de Signac, le fauvisme, l'expressionnisme inspirés de l'art de Munch, le synthétisme géométrique. Adepte de la théosophie, il laisse transparaître ses idées dans de nombreuses compositions fondées sur l'ésotérisme et dans la présentation même des tableaux en triptyque.

      Ayant découvert le cubisme à Amsterdam à l'occasion d'une exposition qu'il a organisée avec le Cercle artistique qu'il animait avec d'autres peintres, il décide de quitter son pays pour s'installer à Paris au cours de l'hiver de 1911-1912.

      Dans la capitale française, il fait immédiatement partie des "peintres cubistes" dont il devient l'un des protagonistes les plus originaux, tout de suite remarqué par Guillaume Apollinaire. Il poursuit l'exploration des thèmes qu'il avait travaillés auparavant, privilégiant ceux représentant des arbres et des façades d'immeubles.

      Recherchant la structure, le rythme et l'équilibre, il évacue rapidement la représentation réaliste, composant ses images à partir de traits horizontaux et verticaux, de couleurs en nombre restreint, disposées dans un espace à deux dimensions. Ce sont surtout les rapports qu'il recherche entre ses éléments. En deux années, Piet Mondrian parvient, dans cette voie, à l'art abstrait.

      C'est ce que montre l'exposition du musée d'Orsay, la construction d'un langage, qui est aussi l'expression de sa vision du monde, à travers 109 oeuvres provenant principalement du Gemeentemuseum de La Haye et qui ont été sélectionnées par Hans Janssen, commissaire de l'exposition et conservateur en chef au Gemeentemuseum et par l'historien d'art Joop Joosten.
Cette exposition est la première en France, dans un musée, depuis la rétrospective qui avait été consacrée à Piet Mondrian en 1969 au musée de l'Orangerie. Elle sera ensuite montrée à Fort Worth au Kimbell Art Museum.

Commissaires de l'exposition :
Serge Lemoine, directeur du musée d'Orsay
Hans Janssen, conservateur en chef au Gemeentemuseum de La Haye

Scénographie: Didier Blin, architecte DPLG